Ministère des Affaires Etrangères ,de la Coopération ,de la Francophonie et de l'Intégration Régionale ,Chargé des Gabonais de l'Etranger .

Sceau de Republique Gabonaise

Rencontre entre Pacôme MOUBELET-BOUBEYA, Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Étrangères, de la Francophonie et de l’Intégration Régionale, chargé des Gabonais de l’Etranger et le Corps Diplomatique Libreville, le 22 Mars 2017

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Excellences, Mesdames et Messieurs les Chefs de Missions diplomatiques et Postes consulaires,

Excellences Mesdames et Messieurs les Représentants des organisations internationales,

Mesdames et Messieurs,

 

Je voudrais d’abord, vous remercier d’avoir répondu à l’invitation que je vous ai adressée à prendre part à cette Cérémonie, la première, depuis ma prise de fonction en tant que Ministre des Affaires Étrangères, de la Francophonie et de l’Intégration Régionale, chargé des Gabonais de l’Etranger.

Je tiens, en cette circonstance, un peu tardivement certes, mais je ne saurais m’en dispenser, à présenter à chacun de vous, ainsi qu’à vos familles respectives, mes vœux de bonheur et de réussite pour l’année 2017.

Tout le mérite de cette rencontre revient à S.E.M Ali BONGO ONDIMBA, Président de la République, Chef de l’Etat, qui lors des échanges de vœux avec le Corps diplomatique le 04 janvier 2017, a souhaité voir plus de rencontres de cette nature, avec l’ensemble des Chefs de Missions diplomatiques et Représentants des Organisations Internationales accrédités en Gabon.

SE Ali BONGO ONDIMBA, avait alors souligné la pertinence et l’importance attachées aux liens d’amitié et de coopération et à davantage les raffermir. Il avait invité la communauté internationale à accompagner le Gabon dans ses efforts de consolidation de l’Etat de droit et de bonne gouvernance dans le respect de sa souveraineté nationale et de ses valeurs traditionnelles bantoues.

En conséquence, je me félicite des contacts permanents que vous entretenez avec le Ministère des Affaires Etrangères, votre interlocuteur privilégié, et me propose de poursuivre et de renforcer ces liens afin de rendre plus lisibles nos actions et d’échanger sur les grandes questions d’actualité.

Nos échanges s’articuleront, aujourd’hui, autour des enjeux de la diplomatie gabonaise pour l’année 2017.

Mais au préalable, permettez-moi d’évoquer quelques événements politiques et économiques majeurs qui ont marqué l’année 2016, aux plans national et international, notamment l’élection du Président de la République Gabonaise, l’adoption du Plan de Relance Economique, la COP 22 et l’élection de quelques figures à la tête de nos grandes organisations Internationales.

L’élection présidentielle de l’année dernière s’est soldée par la victoire de S.E Ali BONGO ONDIMBA marquant ainsi de façon définitive la fin du processus électoral en vue du choix du président de la République.

Je voudrais aujourd’hui insister sur l’engagement du Gouvernement qui s’emploie à ramener la confiance et la cohésion nationale.

En effet, dans son souci constant de maintenir l’unité nationale et un climat apaisé au Gabon, le Président de la République, Chef de l’Etat, S.E. Ali BONGO ONDIMBA, a invité tous les acteurs politiques et la société civile, à un dialogue national inclusif assis sur la symbolique du pont, il a déclaré que le Gabon a « besoin de construire, de bâtir encore des ponts entre ses fils et filles, pour plus d’unité et d’harmonie ». C’est la raison pour laquelle il a décidé de la tenue du dialogue politique inclusif ouvert.

Sur les cinquante-six (56) formations politiques reconnues, cinquante-trois (53) ont répondu favorablement à cet appel au dialogue. De même, un Gouvernement d’ouverture auquel participent de grands noms de l’opposition a été mis en place.

La détermination et la lucidité des dirigeants et du peuple gabonais ont encore prévalu tout au long des actions menées avec les différentes forces vives de la Nation.

Le dialogue national qui s’ouvrira le 28 mars prochain, se déroulera autour des quatre thématiques ci-après

  1. La réforme des Institutions ;
  2. Les réformes électorales ;
  3. La modernisation de la vie publique ;
  4. La consolidation de l’Eta de droit.

Les discussions pourront déboucher sur d’importantes et profondes réformes telles la révision :

-         de la Constitution ; 

-         du Code Electoral ;

-         du découpage des circonscriptions électorales ;

-         des mandats politiques.

Tous ces événements se déroulent dans un environnement économique extrêmement difficile, tant au plan national qu’international.

Au plan national, le Gouvernement poursuit la mise en œuvre du Plan Stratégique Gabon Emergent (PSGE). Il s’emploie aussi à réduire la forte dépendance de l’économie du pays vis-à-vis de l’industrie extractive, principalement le pétrole dont l’effondrement des cours a fortement infléchi son activité économique et baissé ses recettes publiques.

De ce fait, le Gouvernement a entrepris d’impulser une dynamique économique nouvelle, à travers des mesures de relance qui consacrent l’ajustement budgétaire, le développement des infrastructures, le règlement de la dette de l’Etat, les exonérations accordées aux opérateurs économiques et la promotion du secteur privé en tant que leviers de la diversification, et de la transformation de l’économie.

Sans renier ses grandes ambitions définies dans le PSGE, le Gouvernement gabonais s’attèle à reconsidérer certaines de ses priorités. Le plan de relance économique s’inscrit dans cette dynamique, en vue de renforcer les points déclinés dans la déclaration de politique générale du Premier Ministre.

Je rappelle que ces programmes sont en phase avec les recommandations formulées lors du dernier sommet des Chefs d’Etat de la CEMAC. Par ailleurs, le Plan de Relance Economique vise à assurer une croissance durable et inclusive capable de transformer substantiellement notre économie, de relancer l’investissement à travers une plus grande impulsion du soutien au secteur privé et in fine, de faire reculer la pauvreté.

Le Gouvernement gabonais est conscient que le succès du Plan de Relance Economique (PRE) passe par la mise en place d’un dispositif de suivi et d’un accompagnement soutenu et conséquent de nos partenaires au développement que sont vos pays et vos institutions respectifs.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

L’année 2016 reste marquée par l’élection en date du 13 octobre 2016 de M. Antonio GUTERRES comme Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies (ONU).

Aussi le Gouvernement gabonais a t-il félicité le nouveau responsable onusien et marqué son attachement à travailler à la réalisation des idéaux et des objectifs consacrés dans la Charte de San Francisco, comme il l’a fait avec tous ses prédécesseurs.

Le Gabon exprime sa totale approbation aux priorités déclinées dans son adresse, prononcée à l’occasion de sa prestation de serment le 12 décembre 2016.

Les engagements du Gabon envers les objectifs des Nations Unies en vue de la construction d’un monde plus juste, plus paisible, plus prospère et plus solidaire demeurent les mêmes.

L’année 2016 a vu également la tenue de la COP22, organisée à Marrakech, au Royaume du Maroc, du 7 au 18 novembre 2016. Tout comme lors de la COP 21, le Gabon a pris une part active à cet événement qui faisait suite à l’Accord désormais historique de Paris sur le climat. Ces deux évènements ont suscité un satisfecit légitime à travers le monde en ce qui concerne la lutte contre le réchauffement climatique.

En ce début d’année 2017, il convient de signaler :

  1. L’élection de Moussa Faki Mahamat, le 30 janvier dernier, à Addis-Abeba à la présidence de la Commission de l’Union africaine (UA).

A ce propos, j’ai pris part à la cérémonie de passation de service entre SE Mme Nkosazana DLAMINI ZUMA, présidente sortante de la Commission de l’Union africaine et SE Moussa Faki MAHAMAT, président entrant, qui s’est tenue le 14 mars 2017 dans l’enceinte du nouveau bâtiment de la Commission de l’Union africaine, à Addis Abeba (Ethiopie).

  1. La réélection de Donald TUSK à la présidence du Conseil européen. L’ancien Premier Ministre de la la Pologne a été réélu, jeudi 9 mars 2017, à la Présidence du Conseil européen. En effet, 27 des 28 pays membres de l’Union Européenne se sont prononcés en faveur de Donald TUSK. Monsieur Donald TUSK s’engage ainsi pour un deuxième mandat de deux ans et demi.


Excellences, Mesdames et Messieurs,

Venons-en maintenant aux événements qui constitueront des enjeux pour la diplomatie gabonaise.

L’année 2017 verra la tenue de plusieurs forums internationaux, tant à l’échelle planétaire qu’au niveau du continent africain.

La 72ème Session ordinaire de l’Assemblée Générale des Nations Unies se tiendra, comme les autres sessions, au mois de septembre.

Bien que le thème de cet important rendez-vous ne soit pas encore connu, on peut s’attendre à ce que les priorités déclinées par M. Antonio GUTERRES, au moment de sa prise de fonction, à savoir les droits de l’homme et la prévention des conflits, figurent au menu du débat général. Ces thématiques rencontrent bien évidemment, le soutien du Gabon.

Le Président de la République, Chef de l’Etat, SE Ali BONGO ONDIMBA, pour qui la prévention constitue le seul moyen efficace d’éviter les conflits tout aussi dévastateurs que couteux, prendra part personnellement à cette session.

En outre, il est à noter, dans le même registre la désignation du Président de la République, Son Excellence Ali BONGO ONDIMBA, à la tête du Comité des Chefs d’Etat africains sur les changements climatiques (CAHOSC), à l’issue du dernier Sommet de l’Union Africaine de janvier 2017 à Addis-Abeba.

Notre intérêt et nos actions en faveur des questions climatiques sont connus. Le Gabon poursuivra, et conformément à ses engagements internationaux, ses efforts dans la lutte contre le réchauffement climatique. Il prendra une part active à la COP 23 prévue à Bonn, en République Fédérale d’Allemagne, les 13 et 14 novembre 2017.

Du 5 au 9 juin 2017, se tiendront à New York deux importantes réunions relatives aux Mers, aux Océans et aux ressources marines ainsi qu’au Droit de la Mer. Le Président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence Ali BONGO ONDIMBA, y participera, à l’invitation du Secrétaire Général des Nations Unies.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Les Mers et les Océans représentent un enjeu vital pour la planète. D’abord un enjeu économique en ce qu’ils abritent d’immenses ressources halieutiques et naturelles géostratégiques. Ce sont aussi de vastes couloirs par lesquels transite l’essentiel des échanges commerciaux. Ensuite un double enjeu sécuritaire, en ce qu’ils constituent l’extension territoriale des Etats côtiers ainsi qu’un vaste espace difficile à démarquer et à sécuriser face aux menaces liées à la piraterie et aux trafics en tous genres.

Le 28 juin 2017 se tiendra à New York la Réunion des Etats parties à la Convention Internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille. L’organisation de cette réunion nous paraît opportune, surtout au moment où la communauté internationale fait face à un flux sans précédent des migrants et des défis humanitaires que cela impose. Importante destination des migrants, le Gabon participera avec un intérêt particulier à cette conférence.

Le développement durable a fait l’objet d’un programme mondial adopté à la suite des ODD, en 2015. Soucieux de la durabilité des modes de développement sur la planète, le Gabon, entend-il prendre une part active, au forum politique de haut niveau sur le développement durable, du 10 au 19 juillet 2017, à New York.

Les 10 et 11 septembre 2017, à Astana, au Kazakhstan, se tiendra le Premier Sommet de l’OCI sur la Science, la Technologie, l’Innovation et la modernisation. En tant que membre de l’Organisation de la Coopération Islamique, le Gabon participera à cette importante rencontre.

La session annuelle de la Commission du désarmement prévue du 3 au 21 avril 2017, à New York, bénéficiera aussi d’une participation active du Gabon. Notre pays, en effet, demeure attaché à la diminution progressive des Armes de destruction de massive. En témoigne son adhésion au Traité de Non-prolifération (TNP), au Traité d’Interdiction Complète des Essais Nucléaires (TICEN) et au Traité de PELINDABA.

Le 29ième Sommet de l’Union Africaine qui se tiendra du 8 au 9 juillet 2017, à Addis-Abeba, sera l’occasion pour les Chefs d’Etat et de Gouvernement africains d’échanger sur les moyens de tirer pleinement profit du dividende démographique en investissant dans la jeunesse. Ils accorderont également une attention soutenue à d’autres thématiques tout aussi cruciales, telles que l’autonomisation de la femme et les questions de développement.

Excellences Mesdames et Messieurs,

L’intégration sous régionale demeure au centre de nos préoccupations. Dans cette optique, nous continuons d’assurer la présidence en exercice de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC). L’une des taches prioritaires de notre présidence reste la Réforme Institutionnelle décidée par les Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC.

Il m’est agréable de vous annoncer que cette réforme est déjà engagée et porte sur :

- la réalisation d’un audit de la CEEAC afin de disposer d’un état des lieux et d’élaborer un plan d’actions pour en améliorer les performances ;

- la révision du Traité de la CEEAC, du Règlement financier, du Statut du personnel, du Règlement intérieur et du Manuel des procédures.

En substance, les principales mesures de la réforme consisteront à :

- transformer le Secrétariat Général actuel en Commission pour lui permettre d’adopter des lois et règlements directement applicables aux Etats membres ;

- intégrer la CEMAC et la Communauté Economique des Pays des Grands Lacs (CEPGL) au sein de la CEEAC dans un souci de rationalisation de ces Communautés de la sous région.


Excellences Mesdames et Messieurs,

Toutes ces rencontres se tiendront, hélas, dans un contexte toujours marqué par des défis majeurs à notre paix et à notre sécurité collective.

En Afrique centrale, la situation sécuritaire en République centrafricaine continue de susciter de vives inquiétudes, avec un regain de violence quasi généralisée, au risque d’annihiler les louables efforts déjà consentis par le Gouvernement de ce pays et la communauté internationale, notamment les Nations Unies. Le Gabon, qui maintient une présence militaire dans le cadre de la MINUSCA, poursuivra son soutien à la restauration de la paix et de la sécurité dans ce pays, ainsi que nous l’avons fait depuis 1996.

J’invite les différents partenaires à poursuivre, voire renforcer leur appui.

Le terrorisme, sévit encore çà et là. Toutefois, il y a lieu de se féliciter que les groupuscules terroristes subissent de cuisants revers, et ce grâce à la farouche détermination de tous les pays engagés dans la lutte contre l’extrémisme violent. Les succès engrangés sur les théâtres des opérations ne doivent cependant pas nous faire perdre de vue que les forces négatives conservent une capacité de nuisance que leur confère, entre autres, un mode opératoire asymétrique. Le Gabon ne se lassera pas de soutenir les efforts consentis dans la lutte contre le terrorisme.

Parallèlement, il nous faut poursuivre les efforts en matière de non-prolifération. Les nouvelles faisant état de l’usage des armes chimiques par l’Etat Islamique en Irak sont préoccupantes. Cette situation rappelle la nécessité de poursuivre le processus de désarmement et le contrôle des substances dangereuses, les produits à double usage, y compris les matières issues des utilisations pacifiques.

 

Excellences Mesdames et Messieurs,

La question palestinienne reste un souci majeur de la communauté internationale. Résoudre cette épineuse équation nécessite l’engagement des parties directement concernées et la pression, à tous les niveaux, que devrait exercer la communauté internationale. La solution largement admise de deux Etats doit continuer à prévaloir en tant qu’objectif final. La reprise de négociations ne saurait souffrir d’alternative.

Le Gabon estime que les défis, sur le plan sécuritaire ainsi que sur développement, commandent des actions holistiques et concertées. Tout au long de l’année 2017, nous travaillerons dans ce sens avec le reste de la communauté internationale.

Tout en vous remerciant de votre aimable attention, Excellences Mesdames et Messieurs, je me tiens à votre disposition pour d’éventuelles questions.

Publié le : 24 / 03 / 2017